maladie de Crohn

Faire barrage aux restrictions alimentaires


Les patients atteints de la maladie de Crohn s'imposent parfois un régime nutritionnel strict pour prévenir les poussées inflammatoires. Inefficace de façon préventive, ce type de régime n'est pas sans risque.


 

En période de poussée, diarrhées et douleurs abdominales rendent le quotidien particulièrement pénible à supporter. Soucieux de prévenir l'apparition de ces crises, les patients misent parfois sur certains régimes alimentaires durant les phases de rémission: éviter les plats trop gras, ceux qui contiennent trop de fibres, bannir le lactose… Résultat: à force de s'interdire des produits, certains patients développent des restrictions alimentaires pouvant conduire à de véritables phobies.

Attention aux carences

Cette stratégie de retenue comporte des risques. "Les patients qui bannissent trop d'aliments de leur régime peuvent présenter une dénutrition ou des carences", note le Prof André Van Gossum, chef de clinique au service de gastro-entérologie de l'Hôpital Erasme, à Bruxelles. Des carences qui contribuent à fragiliser l'état de santé général, alors qu'il est important pour l'organisme de disposer des meilleures ressources possibles pour combattre la maladie.

Aucun effet sur la maladie

Or, le jeu n'en vaut pas la chandelle. "Il n'existe aucune certitude que l'exclusion de certains aliments puisse éviter une rechute", rappelle le Prof Van Gossum. Exception notable: en cas de sténose (rétrécissement de l'intestin), il faut limiter ou proscrire la consommation de fruits et légumes, surtout les champignons, dont les fibres sont susceptibles de provoquer un blocage de l'intestin.

Bien se connaître

Le reste du temps, quelle attitude adopter? Selon le Prof Van Gossum, chaque situation doit être évaluée au cas par cas. "Les personnes atteintes de la maladie de Crohn souffrent aussi parfois du Syndrome de l'intestin irritable. Certains aliments peuvent provoquer chez eux des flatulences ou des crampes abdominales… mais il n'y a aucune règle générale. Il ne faut donc pas s'interdire tel ou tel aliment de manière arbitraire. Il est important de faire soi-même ses propres expériences, pour savoir ce que l'on peut manger sans effet indésirable. Une forme de responsabilisation qui améliore le quotidien des patients, même si, en période de crise, il est indispensable de proscrire certaines catégories d'aliments.


Article réalisé avec la collaboration du Prof André Van Gossum (Erasme – Bruxelles).

 




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