maladie de Crohn

La chromoendoscopie pour dépister le cancer du côlon


Les personnes atteintes de RCUH courent un risque plus élevé de cancer du côlon. Dès lors, un dépistage à intervalles réguliers s’impose! De préférence via une chromoendoscopie.


Les personnes souffrant d’une inflammation chronique des intestins ont un risque plus élevé de cancer du côlon. Ce type de cancer est 2,5 à 15 fois plus fréquent chez les patients atteints de rectocolite ulcéro-hémorragique (RCUH) que dans la population normale. Le risque serait similaire chez les patients Crohn dont la maladie est largement localisée à hauteur du côlon.

Une coloscopie normale

S’il suspecte un cancer du côlon, le médecin peut pratiquer une coloscopie normale: il examine la paroi intérieure du gros intestin à l’aide d’une caméra fixée à une sonde souple. Au cours de cet examen, il prélève des biopsies tous les 10 cm ainsi qu’aux endroits où il soupçonne une anomalie ou une lésion susceptible de provoquer un cancer (dysplasie).

De la couleur pour dépister plus vite le cancer

Le médecin peut aussi recourir à une chromoendoscopie. Cet examen est identique à une endoscopie normale, si ce n’est que le gros intestin est coloré par portion de 20 à 30 cm à l’aide de bleu de méthylène (une substance totalement inoffensive) via un cathéter spray spécial. Comme la coloration permet de mieux distinguer les dysplasies, le cancer du côlon est dépisté plus rapidement. Une chromoendoscopie dure 30 à 45 minutes, soit un peu plus longtemps qu’une endoscopie ordinaire. En Belgique, la chromoendoscopie ne fait pas encore partie des examens standard. Elle est toutefois déjà recommandée dans les directives de l’ECCO, l’European Crohn’s & Colitis Organisation.

La chromoendoscopie virtuelle

Aucun colorant n’est utilisé pour pratiquer cet examen. Il existe plusieurs types de chromoendoscopie virtuelle, dont le NBI (Narrow Band Imaging). En utilisant une lumière bleue, le médecin obtient une meilleure image de la surface de la muqueuse. Le NBI est plus cher qu’une chromoendoscopie normale, mais prend moins de temps puisqu’on n'a pas recourt à un colorant. A l’heure actuelle, on ne dispose pas encore de suffisamment d’études concluant à la supériorité de cette technique par rapport à la chromoendoscopie normale pour la détection des lésions susceptibles de provoquer un cancer.


Merci au Dr Peter Bossuyt, Imeldaziekenhuis Bonheiden, pour sa collaboration à cet article.



    - Barthet M et al.; Societe Française d'Endoscopie Digestive (SFED). Chromoendoscopy in inflammatory bowel disease. Gastroenterol Clin Biol. 2009; 33 (10-11S) : F7-F11

    - Biancone L et al. European evidence-based Consensus on the management of ulcerative colitis: Special situations. Journal of Crohn's and Colitis; 2008; 2 : 63-92


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