maladie de Crohn

Maladie de Crohn: quand le patient ne se plaint de rien


Les complications de la maladie de Crohn sont causées par l’inflammation chronique des intestins. Mais suffit-il, pour les prévenir, de soigner les symptômes de la maladie? Réponse avec le Dr Filip Baert, gastroentérologue au H. Hart Ziekenhuis, Roeselare-Menen.


Quel est l’objectif actuel du traitement de la maladie de Crohn?

«Il reste malheureusement impossible de guérir complètement cette maladie. Nous nous efforçons d’assurer aux patients un traitement et un suivi suffisamment efficaces pour qu’ils restent en rémission sans devoir prendre de corticostéroïdes (cortisone). Nous pensons que cette approche permet également de prévenir les complications. Alors qu’avec les médicaments plus anciens, cet objectif est longtemps resté hors de portée, les derniers traitements permettent aujourd’hui d’obtenir chez un certain nombre de patients une guérison complète (cicatrisation) de la muqueuse intestinale. Cela signifie, en clair, que toutes les lésions qui étaient présentes de l’intestin ont disparu. Il se pourrait même que nous parvenions ainsi non seulement à soulager les symptômes, mais aussi à prévenir les complications à plus long terme (rétrécissements, cicatrisations, fistules).»

Comment organisez-vous le suivi de la maladie de Crohn?

«Nous nous efforçons d’abord de contrôler les symptômes par des médicaments. Car s’ils ne s’améliorent pas, il est certain que les lésions intestinales ne guériront pas non plus. Ensuite, nous visons également une normalisation de certaines valeurs de marqueurs sanguins. La CRP qui est le reflet de l’inflammation et l’hémoglobine qui détermine la présence ou non d’une anémie (mais aussi de l’inflammation) doivent revenir à la normale. Ce qui peut prendre de 3 mois à 1 an.»

Proposez-vous d’autres examens?

«Une fois que ces premières valeurs sont stabilisées par le traitement, on peut doser la calprotectine fécale (dans les selles). Celle-ci aussi doit être normalisée grâce au traitement. La calprotectine constitue un marqueur extrêmement fiable de l’inflammation intestinale. Elle permet également de prédire la survenue d’une poussée jusqu’à 3 à 6 mois avant l’apparition des symptômes. Après 1 à 2 ans de traitement, une imagerie par résonance magnétique (IRM/RMN) de l’intestin permet d’évaluer l’état du tube digestif. L’endoscopie n’est, elle, utilisée que dans le cadre du diagnostic. Ou lorsqu’il y a une discordance, par exemple, d’importantes plaintes et une calprotectine normale. Tandis que le CT-scan est le premier examen à réaliser en cas de complications. Finalement, si nous nous rendons compte que la muqueuse n’a pas totalement cicatrisé, le traitement est renforcé. Cette approche de contrôle strict de la maladie est actuellement testée dans le cadre de plusieurs études. Il ne suffit donc pas que le patient n’ait plus de symptômes pour crier victoire.»

Comment convaincre le patient de la nécessité du suivi de sa maladie?

««Chaque personne présente un profil pathologique bien spécifique. Je montre toujours à mes malades, sur un modèle anatomique, où se situe leur maladie. Car leur profil pathologique détermine leur risque de complications. Celui-ci est par exemple plus élevé en cas d’atteinte importante de l’intestin grêle que lorsque c’est le gros intestin qui est touché. En outre, s’il est nécessaire d’en arriver à une intervention chirurgicale, une portion non négligeable de l’intestin grêle devra être enlevée. Ces éléments expliquent que la maladie nécessite un suivi très rapproché.»



Cette article a été rédigé avec la collaboration du Dr Filip Baert (gastroentérologue, H. Hart Ziekenhuis, Roeselare-Menen).



Abbott sa/nv - BE12GENL25090 - 22Aug2012




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