
Un risque relatif à l'étendue de l'inflammation
Dans la maladie de Crohn, l'inflammation peut conduire, lorsqu'elle n'est pas bien contrôlée, à des remaniements cellulaires pouvant évoluer vers un cancer. Plus la surface inflammatoire du côlon est élevée, plus le risque de cancer est important. Ce constat explique pourquoi les cas de cancérisation ont surtout été étudiés dans la RCUH, qui touche le côlon en continu, et non dans la maladie de Crohn, où il est rare que le côlon soit touché dans son entièreté (la maladie atteint généralement des segments de côlon).
Les autres facteurs de risque
Le risque de cancer est également proportionnel à la durée d'activité de la maladie. Plus la maladie est ancienne, plus il faudra la surveiller. L'existence de cancers dans la famille doit également amener à renforcer la surveillance. Enfin, la cholangite sclérosante, maladie du foie parfois associée à la maladie de Crohn, constitue également un facteur de risque à prendre en compte.
Une surveillance salutaire
La bonne nouvelle? Par rapport aux années 70 ou 80, le risque de cancer colorectal dans la maladie de Crohn et la RCUH est 3 à 6 fois moins élevé. Grâce aux traitements actuels, qui permettent un meilleur contrôle de la maladie, ce risque, après 20 ans, ne dépasse plus les 5 à 10%. Il est donc environ deux fois supérieur à celui de la population générale. Par ailleurs, l'examen par coloscopie, que l'on effectue tous les 2 ans après 10 ans d'évolution de la maladie, permet aujourd'hui de déceler l'existence d'éventuelles lésions précancéreuses (dysplasies). Détectées suffisamment tôt, celles-ci pourront alors être retirées afin d'éviter l'apparition d'un cancer.
Article réalisé avec la collaboration du Pr Edouard Louis, CHU Liège.




