maladie de Crohn

Les patients souffrant de la maladie de Crohn plus exposés aux maladies articulaires


Les personnes atteintes de la maladie de Crohn sont plus à risque de développer une seconde maladie immuno-inflammatoire, comme la spondylarthrite ankylosante ou le psoriasis.


A première vue, la maladie de Crohn n’a aucun lien avec la spondylarthrite ankylosante (maladie de Bechterew) ou le psoriasis. Les plaintes liées à ces deux maladies concernent en effet les vertèbres dorsales et la peau, tandis que la maladie de Crohn touche principalement l’intestin. Pourtant, les patients Crohn risquent davantage de développer une spondylarthrite ankylosante (jusqu’à 15%1) ou un psoriasis. Il en va de même pour l’uvéite (inflammation interne de l’oeil). Ce lien est d’ailleurs aussi valable dans l’autre sens: près de 5 à 10%2 des patients qui sont atteints de spondylarthrite ankylosante développent aussi la maladie de Crohn, même si les scientifiques ne s’accordent pas sur ce chiffre.

Un lien peu clair

L'origine précise du lien entre la maladie de Crohn et la spondylarthrite ankylosante est encore inconnue. Les scientifiques supposent que la maladie de Crohn, le psoriasis et la spondylarthrite ankylosante, ainsi que quelques autres affections, sont des expressions d’un même problème: un système immunitaire déficient. Ces maladies sont rassemblées sous le terme "IMID" ou "maladies inflammatoires à médiation immunitaire". Bien qu’il semble exister un lien entre les IMID, les patients souffrant à la fois de deux ou plusieurs IMID restent l’exception. De plus, le risque accru présenté par les patients atteints de la maladie de Crohn ne concerne pas toutes les IMID. La polyarthrite rhumatoïde3 et la maladie de Crohn, par exemple, sont probablement des maladies très différentes au niveau de la déficience immunitaire qu’elles impliquent.

Des conséquences pour le traitement

Que faire pour éviter qu’une personne déjà atteinte d'une première IMID en contracte une seconde? Les médecins ne formulent pas de recommandations spécifiques pour les patients Crohn, si ce n’est d’adopter un mode de vie sain. Le lien entre les IMID a toutefois des implications au niveau du traitement. Ainsi, des anti-TNF sont prescrits plus rapidement aux patients Crohn qui ont aussi des plaintes articulaires. La prudence est également de mise avec les anti-inflammatoires en cas spondylarthrite ankylosante. Ces médicaments peuvent en effet exacerber les symptômes intestinaux dans le cas d’une maladie de Crohn qui n’aurait pas encore été diagnostiquée et même entraîner une sténose (rétrécissements du diamètre de l'intestin).

Consulter un spécialiste

Il est recommandé aux patients atteints de la maladie de Crohn et souffrant d’un mal de dos persistant de consulter un rhumatologue. La présence d’éventuelles petites lésions cutanées doit quant à elle inciter à se rendre chez un dermatologue.



1 Colombo E et al. Enteropathic spondyloarthropathy: A common genetic background with inflammatory bowel disease? World J Gastroenterol. 2009; 15(20): 2456–2462.
2 Rudwaleit M, Baeten D. Ankylosing spondylitis and bowel disease. Best Pract & Res Clin Rheumatol. 2006 Jun;20(3):451-71.
3 La polyarthrite rhumatoïde est caractérisée par une infection chronique de plusieurs articulations et fait partie, tout comme la spondylarthrite ankylosante, de la famille des rhumatismes inflammatoires




Article réalisé avec la collaboration du Pr Gert Van Assche de l’UZ Leuven.


Tags:


Retour